LES CYTOPONCTIONS

 

Les prélèvements effectués par cytoponction à l'aiguille-fine permettent l'étude des cellules (examen cytologique) alors que l'étude des fragments tissulaires (examen histologique) se pratique sur prélèvements obtenus, soit par microbiopsies, soit exérèse chirurgicale d'une lésion.

Les cytoponctions sont pratiquées selon deux modalités différentes selon que

- les lésions sont palpables,
- ou non-palpables. Les cytoponctions des lésions non-palpables  nécessitent d'être  guidées.

Les cytoponctions des lésions palpables

Principes

Indications : toutes les formations palpables, quel que soit l'organe, peuvent être l'objet de cytoponctions.

Les kystes (formations liquidiennes) sont évacués par la cytoponction qui constitue le plus souvent le geste thérapeutique. Le liquide est toujours analysé afin d'éliminer un rare risque de kyste cancérisé.

Pour les lésions solides, l'examen cytologique du prélèvement va permettre, le plus souvent, de déterminer si la lésion est bénigne ou s'il s'agit d'un cancer. Dans quelques cas, les cellules ne seront pas suffisamment caractéristiques pour trancher entre les 2 alternatives et la lésion sera considérée comme "suspecte"; il sera alors nécessaire de pousser les investigations.

Les résultats de l'examen cytologique sont toujours confrontés aux résultats des autres examens, afin d'obtenir un diagnostic suffisamment solide pouvant permettre en toute sécurité la décision thérapeutique ou une décision d'abstention.

A titre d'exemple, entre des mains expérimentées, la cytoponction permet le diagnostic de 90 % des cancers du sein et de 92 % des cancers papillaires palpables de la thyroide.

La cytoponction est aussi un examen utile dans le bilan d'extension des cancers (ponction des ganglions satellites) et dans la surveillance des cancers traités.

 

Pratique

Pour les formations palpables, le préleveur est l'anatomocytopathologiste lors de consultations spéciales de cytoponctions.

Le geste est peu douloureux. Il ne nécessite ni anesthésie ni incision préalable. Il n'y a pas de risque de dissémination de cellules tumorales. Le seul inconvénient possible est celui d'un hématome, qui sera spontanémént résolutif.

Le matériel nécessaire consiste en : des aiguilles-fines (0.6 mm de diamètre), une seringue jetable stérile et des lames.

Les kystes sont évacués par ponction-aspiration (aiguille montée d'une seringue).

Les formations pleines sont ponctionnées par ponction à l'aiguille seule sans aspiration; en général, 3 cytoponctions sont effectuées en différents points d'une même lésion. Les prélèvements sont étalés sur lames, puis les lames colorées pour être examinées au microscope.

 

Les ponctions guidées

Le guidage est nécessarie :

  • pour les lésions non-palpables d'organes superficiels (sein, thyroïde) et,

  • pour les lésions des organes profonds (foie, poumon, rein, os...), afin de s'assurer que l'aiguille est bien en place dans la lésion.

Le mode de guidage choisi est en général :

  • l'échoguidage pour les lésions non-palpables du sein ou de la thyroïde ;

  • le guidage sous scanner, voire l'échoguidage pour les lésions d'organes profonds.

Une anesthésie locale est effectuée préalablement à la ponction

 

Le préleveur est le radiologiste pour les ponctions de lésions d'organes profonds.

L'anatomocytopathologiste est présent lors du prélèvement. Il effectue les étalements et pratique, sur coloration rapide, un contrôle extemporané de la cellularité de l'échantillon, alors que le patient est encore sur la table.

Cet examen extemporané permet de réduire au strict minimum le nombre de ponctions. Il permet aussi d'anticiper sur d'éventuelles difficultés diagnostiques et, dans ces cas, de mettre en oeuvre des techniques complémentaires nouvelles, telle que l'immunohistochimie sur inclusion des cellules en paraffine, pouvant améliorer le diagnostic.

Le résultat cytologique final est différé après procédure de coloration classique.

 

  Dr Marianne BRIFFOD MARIANNE

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