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LA CHIMIOTHÉRAPIE

 

Tout médicament capable de s'attaquer aux cellules en division est une
chimiothérapie.
Les antibiotiques, médicaments utilisés dans la plupart des infections microbiennes sont des chimiothérapies dont l'action est limitée à tel ou tel type de microbe.
Certains corps découverts lors de la recherche d'antibiotiques se sont avérés trop toxiques pour lutter contre les affections microbiennes, mais ont trouvé une place dans l'arsenal anticancéreux.

    C'est la découverte accidentelle dans les années 40 de l'action cytopéniante des "moutardes à l'azote" (classe chimique de l'ypérite, gaz de combat de la 1 ère guerre mondiale), qui a été à l'origine des recherches de produits toxiques pour les cellules malignes.

    La plupart de ces produits cytotoxiques ont pour cible l'ADN des cellules tumorales, sachant d'ailleurs que les cellules saines peuvent voir leur ADN attaqué par ces mêmes produits.

   Le problème posé au chimiothérapeute est d'obtenir des lésions mortelles pour les cellules malignes au prix d'une toxicité tolérable pour l'organisme sain.

    Les moyens permettant un tel "différentiel" d'action sont multiples:

  • choix des drogues

  • choix de la voie d'administration (voie buccale, intraveineuse, intra-artérielle, méningée...)

  • choix du meilleur rythme d'administration (importance de la pharmacocinétique).

  • association de plusieurs chimiothérapies; la polychimiothérapie est de plus en plus utilisée ( comme la tri ou quadrithérapie dans le SIDA), les actions "tumorotoxiques" pouvant se potentialiser sans que pour autant la toxicité devienne dangereuse pour le patient.

  • lutte contre les effets secondaires de la chimiothérapie: médicaments antiémétiques empéchant l'affaiblissement des sujets par des vomissements graves, casque réfrigérant pour lutter contre la chute des cheveux, et surtout, maintenant, en plus de la compensation de la perte des éléments sanguins, utilisation de médicaments capables d'obtenir leur régénération.

                Les essais thérapeutiques ont permis de mettre au point pour chaque type de cancer le meilleur protocole et une année ne passe pas sans qu'un nouveau produit n'apparaisse dont on saura dans 4 ou 5 ans s'il a tenu ses promesses. Comme pour la chirurgie et la radiothérapie, la chimiothérapie demande à s'inscrire dans un SCHEMA  STRATEGIQUE PARFAITEMENT ETUDIE aussi précocé ment que possible quand les facteurs de pronostic sont disponibles.

    On ne fait pas "un peu de chimiothérapie" pour se donner l'illusion d'avoir fait mieux. Si on a démontré par des essais compa- ratifs que le résultat statistiquement le meilleur a été obtenu avec
6 cures de deux ou trois médicaments déterminés, il ne faudra pas tomber dans un travers "perfectionniste" de vouloir faire une cure ou 2 supplémentaires risquant alors une iatrogénie dangereuse sans amélioration de l'espérance de vie.

    La chimiothérapie mise en oeuvre par des spécialistes ne doit plus provoquer de panique chez les patients, surtout depuis que l'on est capable d'administrer la plupart des drogues sans hospitalisation, soit en hospitalisation de jour, soit grâce à des capsules implantables et des chronopompes d'injection.

Un article concernant la chimiothérapie, publié dans une revue destinée à l'enseignement du personnel soignant et à l'enseignement post -universitaire, est à la disposition des lecteurs intéressés par ce sujet et acceptant l'effort de compréhension que ces notions demandent: cliquez sur le titre qui suit:

"40 ans de progrès en chimiothérapie"

 

 

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