Au terme dépistage
devrait toujours être associés "systématique" et "de masse".
En effet, la démarche individuelle de
diagnostic précoce du cancer n'est que très rarement systématique, à la fois par suite
d'une fréquence variant en fonction des caractéristiques du patient, et par choix d'une
méthode non scientifiquement démontrée comme la plus efficace.
La démarche de "dépistage
individuel" n'est certainement pas à rejeter, mais elle doit être "encadrée"
par un médecin et ne pas être aléatoire et uniquement fonction de l'inquiétude
provoquée par les médias ou l'apparition d'un cancer chez un proche. L'apparition d'un
"signe d'appel" doit, en revanche, être prise au sérieux et déclencher la
démarche de recherche d'un "diagnostic précoce".
Le dépistage systématique de
masse a démontré son efficacité
dans les cancers suivants
| cancers de l'utérus - col et corps
- |
| cancers du sein |
| cancers du colon |
Le dépistage de
masse représente un coût trop lourd pour le budget de
la santé s'il n'est pas correctement "ciblé" sur le groupe de population
à risque réel.
La probabilité d'apparition de ces
cancers est très variable selon les caractéristiques de la population :
CANCERS DU COL DE
L'UTERUS
La probabilité d'apparition d'un
cancer du col de l'utérus est en rapport direct avec la vie sexuelle ; le début de
la surveillance et le rythme des examens de dépistage seront donc modulés par
cette vie sexuelle.
Alors que, jusqu'ici les cancers
cervico-utérins apparaissaient entre 40 et 60 ans, nous voyons de plus en plus de
cancers de la trentaine, ceci très vraisemblablement en relation avec la précocité
de rapports sexuels et le "multipartenariat", d'où l'importance
de pratiquer le premier examen de dépistage dès le début de la "vie
sexuelle".
La METHODE, universellement reconnue,
est celle des FROTTIS DE CYTODETECTION
Le RYTHME normal est d'un prélèvement tous les 3 ans tant que le frottis est
normal, passant à 2 ans si une anomalie est signalée et même à un rythme annuel
dans certains cas.
Toute anomalie persistante, avec des
anomalies cellulaires allant en s'aggravant de frottis en frottis, au lieu de
rétrocéder sous traitement médical, entraînera une démarche diagnostique afin de
mettre en évidence un éventuel CANCER DU COL au début.
CANCER DE
L'ENDOMÈTRE
Telle est la véritable dénomination
du "cancer du corps de l'utérus" ;
il s'agit en effet du cancer développé aux dépens de la muqueuse tapissant
l'intérieur de la cavité utérine et non pas du muscle constituant le corps de l'utérus
(myomètre).
Comme le col
utérin, dont on recueille par frottis les cellules superficielles qui se
détachent, la muqueuse endométriale, qui se renouvelle à chaque cycle des
règles, peut, après la ménopause, subir une transformation tumorale. Au début de
cette modification, elle laisse partir des cellules dont le recueil et l'étude
cytopathologique permet le dépistage du cancer de l'endomètre.
Ce recueil est un peu plus complexe
que celui des frottis cervico-utérins, car il nécessite l"introduction dans la
cavité utérine d'une "minisonde" spéciale, acte de dépistage toujours effectué par un médecin et réservé, en
principe, aux femmes ménopausées.
CANCER DU SEIN
Le dépistage
systématique du cancer du sein a démontré son efficacité chez les femmes de plus de 50
ANS.
La seule METHODE valable est la MAMMOGRAPHIE avec 2 ou 3 radiographies par sein et
ceci tous les 2 ANS.
Malgré la réduction notable (diminution de 30 %) de la mortalité par cancer du
sein, obtenue grace à ce dépistage, il faut admettre que le dépistage systématique
appliqué à la totalité de la population Française demande un effort financier
actuellement difficile à supporter par notre budget. Il faut aussi admettre
qu'une telle opération demande une grande discipline, car si le rythme défini
au départ n'est pas respecté, l'efficacité diminue rapidement.
Néanmoins, une
vingtaine de programmes départementaux sont actuellement en cours qui pourront démontrer
si une extension
à une plus large population est faisable.
CANCERS
COLO-RECTAUX
Le dépistage
systématique des cancers coliques est simple puisqu'il suffit de recueillir une parcelle
des matières fécales au moment d'une selle et d'expédier l'échantillon de recueil
(HEMOCULT) au laboratoire qui recherche l'existence de sang dans les selles.
L'existence de traces
minimes de sang n'est pas un signe absolu de cancer mais sa découverte impose une
démarche diagnostique de recherche de CANCER DU COLON.
SI LE DEPISTAGE
SYSTEMATIQUE DE MASSE DEPASSE NOS MOYENS, LE DEPISTAGE INDIVIDUEL DOIT ÊTRE RECOMMANDE,
CAR LE CANCER
"N'ARRIVE PAS QU'AUX AUTRES". DES "LA QUARANTAINE" IL Y A
LIEU DE DEMANDER A SON GENERALISTE
DE DETERMINER LE RISQUE INDIVIDUEL (EN FONCTION DES ANTECEDENTS (PARENTS, FRERES ET
SOEURS, DES HABITUDES ALIMENTAIRES ET AUTRES...) ET CETTE REFLECTION PERMETTRA DE DECIDER
D'UN RYTHME D'EXAMENS DE DEPISTAGE QUE L'ON S'ASTREINDRA A RESPECTER.
CE BILAN AURA, PAR AILLEURS, LE
MERITE DE METTRE EN EVIDENCE DES FACTEURS DE RISQUE POSSIBLES A ELIMINER ENTRANT AINSI
DANS LA PREVENTION NON
SEULEMENT DU CANCER, MAIS AUSSI D'AUTRES MALADIES. |