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mise à jour du 16 janvier 2006

LA MAMMOGRAPHIE

La mammographie diagnostique

La mammographie est la technique la plus performante et la plus reproductible pour le diagnostic précoce du cancer du sein. Dans l'immense majorité des cas, elle est le premier examen d'imagerie. Elle comporte deux ou trois incidences par sein. Elle doit toujours être couplée à l'examen clinique réalisé par le radiologue, ce qui permet d'accroître la qualité du bilan mammographique. Elle apporte des informations à la fois sur l'anomalie clinique qui a entraîné mais aussi sur le reste de la glande - homolatérale et controlatérale- . Elle est parfaitement reproductible et permet un suivi objectif de l'ensemble des seins.

Dans les cas particuliers, la mammographie standard est complétée par des clichés avec compression localisée afin de mieux identifier et analyser les petites images anormales. Lorsqu'il existe des microcalcifications, des clichés en agrandissement direct améliorent leur analyse et leur caractérisation.

Les indications de la mammographie sont l'exploration d'une formation palpable, la surveillance des seins déjà traités pour un cancer, un bilan ou une surveillance d'un traitement hormonal substitutif, un écoulement mamelonnaire. Elle est également prescrite dans le cadre du dépistage individuel du cancer du sein.

La mammographie permet de mettre en évidence des anomalies (opacités, calcifications) qui, en fonction de certains paramètres (morphologie, nombre, évolution, etc.), orientent vers une pathologie bénigne ou vers un cancer.

Y a t il des effets délétères de la mammographie? Certes la multiplication des mammographies augmente les doses délivrées au sein mais chez l'adulte le risque (effet carcinogène) induit théorique est négligeable par rapport au bénéfice de la mammographie.

 

La mammographie dans le cadre des campagnes de dépistage de masse du cancer du sein

Il s'agit d'une mammographie simplifiée comportant un cliché par sein, bientôt probablement deux. Elle prend le nom de test mammographique. Son but est de détecter des cancers mammaires de petite taille, sans traduction clinique,  afin de diminuer le taux de mortalité par cancer du sein (cette régression est estimée à environ 30%). Toutes les femmes âgées de 50 à 69 ans reçoivent une lettre d'invitation pour passer ce test gratuitement. Ce test est interprété par deux radiologues indépendants et par un troisième radiologue expert en cas de discordance. Si ce test est négatif la femme est à nouveau convoquée deux  ans plus tard pour un nouveau test. Si une anomalie est découverte, un bilan sénologique classique est pratiqué comportant un examen clinique, une mammographie diagnostique et si besoin une échographie. Actuellement ces campagnes de dépistage sont mises en place progressivement dans chaque département. Le résultat des mammographies de dépistage est envoyé au médecin traitant de la patiente
car c'est à lui que revient le soin de poursuivre les investigations éventuelles.
    Une classification simple est établie à la lecture des mammographies: celle de l'American College of Radiology
adaptée par l'ANAES 2002:

Schématiquement cette classification ACR est la suivante:
                                    ACR0 : classification d'attente d'un avis complémentaire.
                                    ACR1 : aucune anomalie
                                    ACR2 : anomalie bénigne (adénofibrome ou kyste,lipome, microcalcificalions de type 1 Le Gal)
                                    ACR3 : image d'opacité bien circonscrite ou microcalcifications de type 2 : surveillance à
                                                    court terme, éventuellement biopsie.
                                    ACR4 : anomalie indéterminée ou suspecte qui fait poser l'indiction d'une vérification histo.
                                    ACR5 : microcalcifications type 4 ou 5 ou opacité irrégulière : forte probabilité de malignité.

La galactographie

La galactographie est une mammographie réalisée après injection d'un produit de contraste dans un canal galactophore. Son indication peut être posée lorsqu'il existe un écoulement mamelonnaire provenant d'un seul canal, dans le cadre du bilan diagnostique ou en préopératoire.

 

La mammographie numérisée:

La numérisation indirecte est réalisée en pratique courante par l'intermédiaire d'une cassette avec écran radio luminescent à mémoire (plaque au phosphore). Cette technique permet d'acquérir une image numérique qui peut ensuite être travaillée. En mammographie ce type de numérisation est réservée uniquement à la surveillance des prothèses mammaires. En effet ses résultats restent inférieurs à la mammographie classique sur film.

La numérisation directe de l'image par l'intermédiaire de récepteurs, existe actuellement mais sur des petits champs (environ 6 sur 6 cm) et son application est réduite aux appareils dédiés à la stéréotaxie. Cependant la mammographie standard numérique est très prochaine avec des résultats au moins comparables avec la mammographie actuelle. On en attend une économie de temps, de films, d'incidences ratées et une diminution des doses de rayonnement. Elle va permettre la manipulation des images, le stockage et la transmission numérique des documents.

 

LA MAMMOGRAPHIE STEREOTAXIQUE OU INTERVENTIONELLE

 

La mammographie stéréotaxique utilise une technique de calcul permettant de localiser une cible dans les trois dimensions de l'espace à partir de deux projections différentes: deux clichés radiologique réalisés avec une inclinaison différente (+15 et -15°) de part et d'autre de la verticale. La stéréotaxie peut être réalisée sur un mammographe classique par adaptation d'un statif accessoire muni d'un support d'aiguille relié à une unité de calcul. On peut également utiliser un mammographe spécifique ou table dédiée numérisée.

La mammographie stéréotaxique est utilisée dans :

  • Les repérages préopératoires des lésions mammaires non palpables

La mammographie stéréotaxique permet la mise en place d'un fil avant une intervention chirurgicale afin de repérer une lésion non palpable. Elle facilite ainsi le geste du chirurgien et permet une réduction de la taille de la pièce opératoire. Une radiographie de la pièce est toujours réalisée afin de s'assurer de l'exérèse complète de la lésion.

  • Les biopsies guidées

Le bilan classique clinique, mammo-échographique et prélèvements cytologiques permettent de résoudre la plupart des problèmes diagnostiques des lésions palpables. Par contre dans les lésions non palpables les cytologies à l'aiguille fine donnent de moins bons résultats, qu'ils soient guidées par mammographie ou par échographie. Les prélèvements histologiques ou biopsiques guidés ont donc été développés depuis quelques années avec des résultats très satisfaisant et une efficacité se rapprochant de la biopsie chirurgicale. Le type d'imagerie (mammographie stéréotaxique, échographie) pour guider ces microbiopsies est fonction du type d'anomalies, de l'habitude des équipes et du matériel à leur disposition. Ces prélèvements se font sous anesthésie locale et permettent d'obtenir des morceaux de tissu permettant une analyse histologique. Au Centre René Huguenin elles se font, dans la grande majorité des cas, sur une table dédiée avec mammographie stéréotaxique numérisée. Celle ci permet d'obtenir de nombreux prélèvements dans de très bonnes conditions de confort pour les patientes. L'examen dure environ une heure et ne nécessite aucune hospitalisation.

Le but des microbiopsies guidées est de diminuer de façon significative les biopsies chirurgicales à visée diagnostique dans les lésions non palpables peu suspectes. Elles peuvent également permettre d'obtenir un diagnostic pré-chirurgical dans les images suspectes de malignité et ainsi mieux planifier l'intervention chirurgicale.

 

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