date de dernière mise à jour : 25 janvier 2001

   CANCER ET SIDA  

Le SIDA ( Syndrome d'Immuno-Déficience Acquise) est la maladie, actuellement pratiquement toujours mortelle à plus ou moins brève échéance, provoquée par l'infection par le VIH ( Virus de l'Immunodéficience Humaine,  HIV pour les Anglo-Saxons).

Identifié en 1981 aux Etats-Unis ( AIDS) il est actuellement le problème de santé mondial de la plus grande importance, sa transmission sexuelle faisant "tache d'huile" dans les pays les moins développés, donc les moins "éclairés", les moins riches face au besoin  de thérapeutiques côuteuses capables de prolonger la vie pendant de longues années.

L'infection à VIH peut rester asymptomatique ou n'être responsable que de manifestations mineures pendant un temps plus ou moins long ( en relation avec la "charge" de virus reçue lors du contact infectant, et peut-être en relation aussi avec le "type" de virus).

La contamination s'effectue soit par voie sexuelle soit par voie sanguine 
( classiquement par le "partage de seringue" chez les toxicomanes utilisant des drogues intraveineuses), cette dernière voie étant d'autant plus grave que la quantité de virus injectée est plus grande que lors d'un contact sexuel unique. La contamination peut aussi s'effectuer par manipulation de produits sanguins ou à l'occasion de l'accouchement par une mère HIV+,(Ces transmissions sont rares).

Tout sujet contaminé fabrique dans un délai moyen de trois mois des anticorps anti VIH: c'est la "séroconversion" que l'on ne peut détecter (test HIV) que de 1 à 6 mois après le contage.

Un délai pouvant atteindre 10 ans en cas d'infection unique s'écoule avant que n'apparaissent les symptômes de la maladie; pendant cette longue période "tranquille" le virus est présent dans l'organisme et susceptible d'être transmis, d'où l'importance des tests de détection systématiques et réguliers chez tous les sujets en activité sexuelle. Cette détection est capitale car une thérapeutique (polychimiothérapie) mise en oeuvre au stade de la séroconversion asymptomatique a une beaucoup plus grande probabilité d'efficacité que chez un patient au SIDA avéré.

Le VIH infecte les lymphocytes CD4+T normalement chargées de l'immuno-surveillance et c'est  la destruction de ces cellules immunitaires qui est responsable des manifestations de la maladie.

En effet, le VIH ne tue pas directement le malade mais il est responsable du développement des maladies dites opportunistes, c'est à dire provoquées par des bactéries, des virus, des mycoses ou autres "protozoa" (pneumocystis carinii"), tous ces germes étant normalement "tenus en respect" par les lymphocytes T.

Les cellules cancéreuses qui tentent d'essaimer sont -pour autant qu'elles ne sont pas en trop grand nombre- éliminées par ces mêmes lymphocytes T et si ce système d'immuno-surveillance est détruit par le VIH  certains cancers apparaissent au même titre que les maladies infectieuses opportunistes.

Certains cancers apparaissent plus particulièrement au stade avancé du SIDA, ce sont les cancers développés aux dépens des ganglions, ceux-ci en effet sont les réservoirs de HIV car ce sont les organes où naissent les lymphocytes. Par ailleurs une origine virale a été évoquée pour les lymphomes de même que pour le cancer du col de l'utérus.

Le cancer peut être la première manifestation morbide du SIDA ou représenter une complication d'un SIDA en évolution. Les cancers les plus fréquents seront:

  •  le sarcome  de Kaposi qui provoque des lésions de couleur pourpre sur la peau ou les muqueuses et envahit les poumons, le foie et l'intestin. Cette maladie, normalement exceptionnelle et surtout africaine est devenue courante depuis l'apparition en 1980  du SIDA.

  • les lymphomes malins, Hodgkinien ou autres, pouvant siéger dans les viscères ( cerveau, poumons, moëlle osseuse, tube digestif).

  • le cancer du col utérin dont la fréquence augmente par ailleurs chez la femme jeune, le multipartenariat étant parmi les causes de ce type de cancer et augmentant la probabilité de contage VIH.

Le cancer se développant chez un patient atteint du SIDA pose un problème particulièrement difficile à gérer : la radiothérapie reste possible, mais elle est insuffisante dans de nombreux cas et la chimiothérapie ne peut être utilisée aux doses habituelles chez ces patients immunodéprimés  recevant déjà, pour leur SIDA, des tri ou tetrachimiothérapies agressives .

Le SIDA est devenu, en 1992, la première cause de décès des hommes de 25 à 44 ans, devançant les accidents et morts violentes, mais le cancer reste pour l'ensemble de la population masculine française, la première cause de mortalité, et chez la femme, la deuxième cause après les maladies cardio-vasculaires.

Avec 22 millions de morts dans l'ensemble du monde depuis l'apparition du SIDA, celui-ci représente une malédiction équivalente à une guerre mondiale, mais il s'agit d'une maladie infectieuse pour laquelle l'espoir d'une sérothérapie et d'une vaccination ne semble pas illusoire. En revanche les causes du cancer sont très intriquées avec celles de la vie elle-même, ce qui rend l'espoir de disparition de cette maladie beaucoup plus lointain.

Jean GEST

 

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