Le SIDA ( Syndrome
d'Immuno-Déficience Acquise) est la maladie, actuellement pratiquement
toujours mortelle à plus ou moins brève échéance, provoquée par
l'infection par le VIH ( Virus de
l'Immunodéficience Humaine, HIV pour les Anglo-Saxons).
Identifié en 1981
aux Etats-Unis ( AIDS) il est actuellement le problème de santé mondial de
la plus grande importance, sa transmission sexuelle faisant "tache
d'huile" dans les pays les moins développés, donc les moins
"éclairés", les moins riches face au besoin de
thérapeutiques côuteuses capables de prolonger la vie pendant de longues
années.
L'infection à VIH
peut rester asymptomatique ou n'être responsable que de manifestations
mineures pendant un temps plus ou moins long ( en relation avec la
"charge" de virus reçue lors du contact infectant, et peut-être
en relation aussi avec le "type" de virus).
La contamination
s'effectue soit par voie sexuelle soit par voie sanguine
( classiquement par
le "partage de seringue" chez les toxicomanes utilisant des
drogues intraveineuses), cette dernière voie étant d'autant plus grave que
la quantité de virus injectée est plus grande que lors d'un contact sexuel
unique. La contamination peut aussi s'effectuer par manipulation de produits
sanguins ou à l'occasion de l'accouchement par une mère HIV+,(Ces
transmissions sont rares).
Tout sujet
contaminé fabrique dans un délai moyen de trois mois des anticorps anti
VIH: c'est la "séroconversion" que l'on ne peut détecter (test
HIV) que de 1 à 6 mois après le contage.
Un délai pouvant
atteindre 10 ans en cas d'infection unique s'écoule avant que
n'apparaissent les symptômes de la maladie; pendant cette longue période
"tranquille" le virus est présent dans l'organisme et susceptible
d'être transmis, d'où l'importance des tests de détection systématiques
et réguliers chez tous les sujets en activité sexuelle. Cette détection
est capitale car une thérapeutique (polychimiothérapie) mise en oeuvre au
stade de la séroconversion asymptomatique a une beaucoup plus grande
probabilité d'efficacité que chez un patient au SIDA avéré.
Le VIH infecte les
lymphocytes CD4+T normalement chargées de l'immuno-surveillance et
c'est la destruction de ces cellules immunitaires qui est responsable
des manifestations de la maladie.
En effet, le VIH ne
tue pas directement le malade mais il est responsable du développement des
maladies dites opportunistes, c'est à dire provoquées par des
bactéries, des virus, des mycoses ou autres "protozoa" (pneumocystis
carinii"), tous ces germes étant normalement "tenus en
respect" par les lymphocytes T.
Les cellules
cancéreuses qui tentent d'essaimer sont -pour autant qu'elles ne sont pas
en trop grand nombre- éliminées par ces mêmes lymphocytes T et si ce
système d'immuno-surveillance est détruit par le VIH certains
cancers apparaissent au même titre que les maladies infectieuses
opportunistes.
Certains cancers
apparaissent plus particulièrement au stade avancé du SIDA, ce sont les
cancers développés aux dépens des ganglions, ceux-ci en effet sont les
réservoirs de HIV car ce sont les organes où naissent les lymphocytes. Par
ailleurs une origine virale a été évoquée pour les lymphomes de même
que pour le cancer du col de l'utérus.
Le cancer peut
être la première manifestation morbide du SIDA ou représenter une
complication d'un SIDA en évolution. Les cancers les plus fréquents
seront:
-
le
sarcome de Kaposi qui provoque des lésions de couleur pourpre sur
la peau ou les muqueuses et envahit les poumons, le foie et l'intestin.
Cette maladie, normalement exceptionnelle et surtout africaine est
devenue courante depuis l'apparition en 1980 du SIDA.
-
les lymphomes
malins, Hodgkinien ou autres, pouvant siéger dans les viscères (
cerveau, poumons, moëlle osseuse, tube digestif).
-
le cancer du
col utérin dont la fréquence augmente par ailleurs chez la femme
jeune, le multipartenariat étant parmi les causes de ce type de cancer
et augmentant la probabilité de contage VIH.
Le cancer se
développant chez un patient atteint du SIDA pose un problème
particulièrement difficile à gérer : la radiothérapie reste possible,
mais elle est insuffisante dans de nombreux cas et la chimiothérapie ne
peut être utilisée aux doses habituelles chez ces patients
immunodéprimés recevant déjà, pour leur SIDA, des tri ou tetrachimiothérapies
agressives .
Le SIDA est devenu,
en 1992, la première cause de décès des hommes de 25 à 44 ans,
devançant les accidents et morts violentes, mais le cancer reste pour
l'ensemble de la population masculine française, la première cause de
mortalité, et chez la femme, la deuxième cause après les maladies
cardio-vasculaires.
Avec 22 millions de
morts dans l'ensemble du monde depuis l'apparition du SIDA,
celui-ci représente une malédiction équivalente à une guerre mondiale,
mais il s'agit d'une maladie infectieuse pour laquelle l'espoir d'une
sérothérapie et d'une vaccination ne semble pas illusoire. En revanche les
causes du cancer sont très intriquées avec celles de la vie elle-même, ce
qui rend l'espoir de disparition de cette maladie beaucoup plus lointain.
Jean GEST