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Les soins palliatifs

INTRODUCTION
La définition de l'expression "soins palliatifs" s'avère d'emblée difficile à donner puisqu'elle ne peut être que la négation de ce que l'on appelle" le traitement curatif", c'est à dire celui dont on attend "la guérison".
En biologie, le 100 % n'existe pas, non plus d'ailleurs que le 0%, la guérison n'est donc qu'une notion probabiliste, elle n'est jamais acquise totalement et définitivement, et le passage d'un traitement dit curatif à des soins dits palliatifs n'impliquera jamais l'abandon de l'espoir d'une longue survie s'apparentant à ce que l'on appelle la guérison.
Le problème posé est donc d'offrir au malade que l'on a traité d'un cancer et qui présente des signes en faveur d'une continuation du processus de maladie la possibilité de vivre confortablement, parfois très longtemps, avec sa maladie. Le problème peut d'ailleurs se poser avec des patients ne présentant plus de signes d'évolution mais des séquelles thérapeutiques qu'il y a lieu de "pallier" au même titre que l'on tente de "pallier" l'inconfort provoqué par la maladie. (Pour Littré, pallier = ne guérir qu'en apparence).
Cette médecine palliative est faite de nombreux "petits moyens" passant par les médicaments, les soins corporels, les massages, l’approche psychologique ..... qui sont du ressort non seulement des médecins, mais aussi et surtout de celui des divers corps de "soignants" (infirmières, kinésithérapeutes, psychologues...) et de tout l'entourage familial et amical.
Une bonne coordination de tous ces acteurs peut non seulement obtenir des mois et des années d'une survie confortable, sans douleur et sans désespoir, et souvent même l'espoir qu'une vie, somme toute "acceptable" puisse encore se prolonger.
Cette période de soins palliatifs peut être beaucoup plus longue que nos moyens limités de pronostic permettent de la calculer, et elle devra faire appel à des moyens variés,  "en service spécialisé" ou mieux, quand ce sera possible, "à domicile". Des Associations de plus en plus nombreuses se créent en France pour tenter de rattraper le retard que nous avons par rapport aux anglo-saxons ou aux nordiques.

LES GRANDS PRINCIPES
Dans près de la moitié des cas, il ne sera pas possible de guérir le cancer. Cependant, l’ensemble du personnel soignant qui a accompagné le patient au cours de sa maladie restera présent : ceci représente le principe de non abandon.
Quand le médecin prend conscience que les traitements disponibles ne permettront pas d’obtenir une guérison mais seulement de prolonger la vie avec des périodes de rémission parfois longues, cela demande une préparation psychologique personnelle importante tant de la part du patient que de celle de son médecin et de l’équipe soignante.

Les soins palliatifs peuvent s’organiser soit dans les structures hospitalières, soit à domicile. Quand l’hospitalisation est nécessaire, la majorité des équipes soignantes préfèrent maintenir le patient dans la même structure de soins que celle où il a été pris en charge lors de la période "curative".
D’autre part, la plupart des patients souhaitent retourner chez eux pour leur fin de vie. Ce souhait a été à l’origine de la création d’unités de soins à domicile, d’unités mobiles de soins continus dont les modalités varient en fonction des régions. Cependant, le retour à domicile n’est pas toujours possible car ce souhait est surtout vrai lorsque le patient est encore suffisamment bien portant. Lors des phases aiguës terminales ou face à un entourage familial désemparé, les patients choisissent l’hospitalisation se sentant plus rassurés dans un univers médicalisé. Durant ces phases, il est également important de pouvoir réconforter les proches qui peuvent se sentir coupable de ne pas avoir assumé leur devoir.

LES SOINS PALLIATIFS A DOMICILE
Les soins terminaux sont assurés par le médecin traitant et les infirmières de soins à domicile dans le cadre de la HAD (hospitalisation à domicile) et de la SIAD (soins infirmiers à domicile).
Le médecin généraliste a un rôle pivot au cours des soins palliatifs en prenant en charge à la fois les aspects médicaux, sociaux et spirituels.
Une bonne organisation des soins à domicile représente un élément clé pour permettre à la famille de s’investir le plus harmonieusement possible dans les soins du patient mais également  un moyen de prévenir le burn-out des équipes soignantes.

LA TECHNIQUE DES SOINS PALLIATIFS
Quel que soit l’endroit où ils se déroulent, les soins palliatifs constituent une médecine à part entière.
Un diagnostic précis doit être porté afin de proposer le traitement le plus adapté. La coopération entre les différents acteurs médicaux (oncologue, radiothérapeute, spécialiste de la douleur, nutritionniste…) est indispensable pour éviter d’entraîner le patient dans un parcours sans solution pouvant conduire à un excès d’iatrogénie. Le maniement précis des médicaments antalgiques et des autres médicaments à visée palliative permet de transformer la fin de vie d’un patient.
Ainsi, la médecine palliative est une médecine riche tant sur le plan technique que spirituel. L’absence fréquente d’enseignement spécifique lors du cursus universitaire explique l’intérêt grandissant des soignants pour les Diplômes Universitaires de Soins Palliatifs.

L’ensemble des traitements palliatifs est identique aux soins dits de support utilisés pour prévenir ou traiter les effets secondaires des traitements. Pour les différentes approches en fonction des symptômes ressentis, reportez-vous au chapitre sur les soins de support. [Faire le lien avec les soins de support].

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