Les causes des cancers Les causes des cancers sont multiples et ne s’excluent pas nécessairement les unes des autres.
1) Les causes virales
La théorie virale des cancers n'a, jusqu'ici été retenue que dans environ 15 % des cancers humains. La responsabilité d’un agent viral a pu être mise en cause dans plusieurs cancers : Certaines leucémies et certains hématosarcomes ; Le lymphome de Burkitt, certains cancers du nasopharynx et certains cas de maladie de Hodgkin sont associés au virus d’Epstein-Barr responsable de la mononucléose infectieuse ; · Les virus des hépatites B et C jouent un rôle dans le cancer primitif du foie ; · Les papillomavirus, sexuellement transmissibles jouent un rôle dans le cancer du col de l’utérus, d'où l'intérêt de la détection et de la destruction des papillomes sexuels. D’autres sous-types de papillomavirus sont également impliqués dans le développement de certaines tumeurs ORL ; L'infection par le virus du SIDA est associée à une augmentation du risque de sarcome de Kaposi et de lymphome malin non hodgkinien.
2) Les infections parasitaires
La bilharziose, due à l'infection par un parasite le Schistosoma haematobium, des eaux de l'Afrique de l'Est, est un facteur de risque pour le cancer épidermoïde de la vessie.
3) L’exposition aux rayonnements
Tous les rayonnements sont susceptibles de provoquer des mutations débouchant sur des cancers, la prévention devra donc prendre en considération ce facteur, afin de limiter ce risque. Parmi les rayonnements les plus à risque, signalons : - Le rayonnement solaire responsable de l'augmentation du risque de cancer cutané chez les sujets s’exposant d'une façon excessive. - Les rayonnements radioactifs tels que le césium et l’iode radioactifs. A ce jour plus de 2000 cas de cancers semblent devoir être imputés à l’irradiation massive secondaire à l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl. La thyroïde qui fixe électivement l'iode a été une cible privilégiée et le nombre de cancers thyroïdiens pourrait être en augmentation de ce fait.
4) Les hormones
Les œstrogènes, en particulier, représentent un facteur de croissance pour certaines cellules cancéreuses, ils doivent donc être maniés avec précaution.
5) Les substances chimiques
Le tabac, l'alcool, l'amiante, les dérivés nitrés et de nombreux corps chimiques de l'environnement interviennent dans la genèse de nombreux cancers. Un certain nombre de cancers professionnels donnent droit en France à réparation.
6) Les habitudes alimentaires
Indépendamment de l'éthylo-tabagisme, certains types d'alimentation ou d'aliments (en particulier l'excès de certaines graisses et la consommation fréquente d'aliments fumés ou salés), tendent à augmenter le risque de certains cancers comme le cancer de l’estomac. D’autre part, une analyse récente a montré que la surcharge pondérale augmentait environ par deux le risque de développer un cancer du sein.
7) Les traumatismes
Le grattage, les frottements, coups répétés ont un rôle dans certains cancers.
8) Les facteurs génétiques
Les facteurs génétiques jouent un rôle incontestable dans certains cancers dits "héréditaires" ou "familiaux", mais ces cancers liés à une transmission génétique sont rares et leur taux, dans les cancers du sein et du colon, ne dépasse pas 5% de l'ensemble des cancers de ces organes. L'étude de ces cancers familiaux permet une approche des mécanismes d'action des altérations génétiques dans la carcinogénèse et ouvre la voie à la thérapie génique. En revanche les habitudes "environnementales" ont une influence certaine dans l'apparition de certains cancers dits "familiaux", sans qu'il y ait pour autant transmission de gènes particuliers.
Tous ces agents cancérogènes agissent en provoquant une mutation de la cellule. Le développement d’un cancer demande soit une action répétée du facteur cancérogène, soit une action conjuguée de plusieurs facteurs. Un schéma simple expliquant la carcinogenèse est celui de l'association : INITIATION + PROMOTION L'initiation correspond à une ou plusieurs modifications du génome dont la cause peut être d'origine chimique, radique, virale... ou même être due à un dérèglement dans le fonctionnement d'un gène normal de la cellule. La promotion peut être du même type que l'initiation ou totalement différente - par exemple les œstrogènes agissant comme facteur de croissance anormale sur une cellule mammaire "initiée" par un facteur génétique quelconque. Selon les données statistiques adaptée de R. Doll et R. Peto (1980), on constate que : · Les prescriptions médicales (radiographies abusives, œstrogènes mal utilisés) sont à l'origine de 1 % des cancers ; · Les cancers professionnels représentent environ 3 % des cancers ; · Les cancers liés à la pollution - respiratoire ou alimentaire - représentent moins de 2 % de l'ensemble ; · Globalement, plus de 75 % des cancers dépendent de nos habitudes : régime alimentaire, tabagisme, alcoolisme, absence de "précautions" sexuelles. La prévention du cancer doit donc tout d'abord éliminer ces causes.