Qu’est-ce qu’un cancer ?
C’est le résultat de la prolifération anarchique de cellules anormales de l’un de nos organes. Les tumeurs qui en résultent sont dites malignes quand ces cellules peuvent essaimer dans l’organisme. Quand une telle cellule arrive dans un organe à distance, elle peut :
- Soit être acceptée et se multiplier en donnant une tumeur "fille", cette tumeur secondaire est appelée métastase de la tumeur initiale, dite primitive ;
- Soit être détruite par le système de défense immunitaire.

Pour devenir cancéreuse, une cellule doit subir des transformations successives [Faire un lien avec "Les causes des cancers"] et chaque division cellulaire peut entraîner la mort de la cellule anormale et l’arrêt du processus cancéreux. Quand une cellule anormale a réussi à de diviser, elle est à l’origine d’un clone tumoral qui peut encore être éliminé par le système immunitaire. Si rien n’arrête la prolifération de la cellule cancéreuse, elle va se diviser avec un rythme de doublement moyen de 60 à 100 jours.
Pour atteindre un gramme, c’est-à-dire un milliard de cellules, il faut, pour la plupart des cancers, 30 temps de doublement donc en moyenne 60 à 90 mois soit 5 à 8 ans. Quand une tumeur devient cliniquement décelable, elle existe donc depuis plusieurs années.
La longue vie cachée du cancer et la diminution des défenses immunitaires avec l’âge expliquent l’augmentation de la survenue des cancers au cours de la vie.
L’incidence et la mortalité par cancers sont présentées dans les histogrammes ci-dessous issus des données de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS [Faire un lien avec le site de l’InVS]) en 2010. Ces figures montrent que l’homme développe plus de cancers que la femme avec une prédilection pour les cancers des voies aéro-digestives supérieures (oropharynx, œsophage, poumon, larynx) et de la vessie liés au tabagisme.
Plus de la moitié des cancers masculins pourraient être évités, puisqu’en rapport avec des conduites éthylo-tabagiques.
Les cancers féminins (sein, ovaire, endomètre) sont en rapport avec la vie de reproduction donc moins faciles à prévenir, à l’exception du cancer du col de l’utérus, lié le plus souvent à une atteinte virale (papillomavirus), pour lequel un vaccin a été développé.
Incidence des cancers en France (selon les données de l’Institut de Veille Sanitaire 2010)
Mortalité par cancers en France (selon les données de l’Institut de Veille Sanitaire 2010)
Historique du cancer
Le cancer existe depuis que la vie existe, aussi bien chez les plantes que chez les animaux : TOUS LES ANIMAUX - de l'insecte à l'homme.
Un million d’années avant J.C. : on a trouvé des tumeurs osseuses sur des squelettes d'animaux préhistoriques.
10 000 ans avant J.C. : un cancer osseux de l'humérus a été mis en évidence sur un guerrier de l'âge de fer.
1 500 ans avant J.C. : le papyrus Ebers montre que le cancer était connu des Égyptiens.
Pour Hippocrate, le "carcinome" était une tumeur envahissante conduisant à une mort inéluctable. Le mot "carcinos" qui signifie crabe en Grec évoque le crabe dévorant les tissus.
On trouve dans Hérodote la description de la tumeur du sein d'Atossa, fille de Cyrus et femme de Darius.
En 1585, Ambroise Paré, dans son traité des "tumeurs contre nature" décrit la tumeur du sein d'une dame d'honneur de la reine Catherine de Médicis.
En 1666, la reine Anne D'Autriche meurt d'un cancer du sein.
En 1693, Houppeville écrit un traité sur "la guérison du cancer du sein" La théorie infectieuse qu'il défend fait croire à la contagiosité du cancer.
En 1775, Pott met en évidence le premier cancer professionnel ; le cancer des bourses des ramoneurs, ce cancer était provoqué par le frottement sur le scrotum de la corde imprégnée de suie qui servait aux "petits ramoneurs" à descendre dans les conduits de cheminée.
En 1802, Xavier Bichat, puis Laennec, sont à l'origine de la théorie cellulaire moderne du cancer.
Les premières révolutions sont apparues à la fin du 19e siècle avec le développement de l’asepsie (1870), les progrès des techniques chirurgicales (1890) et la découverte des rayons X par Röntgen (1895).
Au début du 20e siècle, des sociétés savantes ont commencé à se développer. Après la 1ère guerre mondiale, les principales structures sont la Ligue Franco-Anglo-Américaine de Lutte Contre le Cancer, la Ligue Française Contre le Cancer puis la Ligue National Contre le Cancer. Claudius Régaud, directeur de la Fondation Curie et de l’Institut du Radium, est l’instigateur d’un réseau de structures spécialisées dans le traitement du cancer. Entre les deux guerres, les centres anticancéreux se multiplient et sont privatisés en 1945 sous la forme d’association loi 1901.